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Permanence de campagne : quelles sont les règles d'affichage ?

  • Photo du rédacteur: Le Lab' Électoral
    Le Lab' Électoral
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture


En période de campagne officielle, une permanence (ou local de campagne) est un lieu très encadré par le droit et la règlementation d’affichage.


Les permanences sont soumises à des interdictions en période électorale concernant la vitrophanie et tout affichage visible, notamment lorsqu’il est public (c’est-à-dire exposé au regard depuis la voie publique).


Découvrez les règles prévues par le guide de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) à la suite de la décision du Conseil d’État du 16 février 2026 (n°502344). 


L’enjeu est simple : distinguer une information officielle et strictement signalétique de toute propagande électorale. Toute communication ayant un caractère de propagande, ou une expression manifestement promotionnelle, peut être jugée contraire aux règles applicables.


Ce qui est autorisé


L’apposition d’une vitrophanie sur la vitrine de son local (permanence électorale) est autorisée au regard de l’article L.51, dès lors qu’elle se limite à signaler l’usage électoral du local, sans constituer un affichage de propagande excessif.


Mentions autorisées


Dans la limite d’une signalétique raisonnable et sans excès, peuvent figurer :


  • la photographie du candidat,

  • le logo du parti politique soutenant la campagne,

  • un slogan de campagne.


À retenir : l’objectif est de rendre le local identifiable, pas de transformer la vitrine en “mur d’images”. La vitrophanie doit garder un caractère sobre, et ne pas devenir une affiche électorale au sens matériel ou fonctionnel du terme.


Les dépenses liées à la signalétique d’une permanence électorale constituent des dépenses électorales et doivent, à ce titre, figurer dans le compte de campagne. Lors de son contrôle, la CNCCFP vérifiera que cette signalétique respecte les critères posés par le Conseil d’État. En revanche, tout recours à un procédé de publicité commerciale demeure interdit.


Ce qui reste interdit (et pourquoi)


Même si une vitrophanie est admise, certaines pratiques demeurent interdites. En particulier, tout ce qui ressemble à de l’affichage sauvage ou à un dispositif d’affichage massif peut être requalifié en propagande.


Sont notamment à proscrire :

  • un affichage qui dépasse la simple signalétique et prend un caractère de propagande (multiplication d’affiches, répétition de visuels, accumulation de messages) ;

  • toute pratique d’affichage prohibé (apposition sur mobilier urbain, poteaux, panneaux non autorisés, surfaces extérieures non prévues), autrement dit de l’affichage sauvage.


Point clé : l’interdiction d’apposer des affiches en dehors des emplacements prévus est une règle structurante. La campagne doit se dérouler dans les cadres autorisés, notamment via les panneaux officiels.




Panneaux d’affichage : le cadre à respecter


En matière d’affichage, le principe est clair : il faut utiliser les panneaux d’affichage prévus à cet effet. Les panneaux et emplacements réglementaires sont des emplacements réservés : ils constituent le cadre légal pour les affiches électorales.



À retenir : la permanence électorale n’est pas un espace de propagande de campagne. Seule une signalétique officielle et informative y est admise.


La question de l’affichage électoral doit donc être traitée avec rigueur : tout manquement expose le candidat à de sévères sanctions prévues par la loi, et peut, dans certains cas, relever d’une responsabilité pénale selon la nature des faits et la procédure engagée.




FAQ – Guide du candidat et de son mandataire


Champ d’application et principes généraux


À quelles élections s’applique ce guide ?

Aux élections législatives, sénatoriales, régionales, départementales, municipales (communes de plus de 9 000 habitants), territoriales (Corse, Lyon, Paris, Marseille…), et aux élections des assemblées d’outre-mer.


Quels sont les objectifs de la loi sur le financement électoral ?

  • Garantir l’égalité entre les candidats grâce à un plafond de dépenses.

  • Moraliser la vie politique en encadrant les dons et les prêts.

  • Assurer la transparence grâce au contrôle de la CNCCFP.


Période de financement et dépenses électorales


Quand commence la période de financement d’une campagne électorale ?

Six mois avant le mois du scrutin, et jusqu’à la date du dépôt du compte de campagne.


Quelles sont les dépenses électorales prises en compte ?

Toutes celles engagées pour obtenir les suffrages : communication, réunions, déplacements, impressions, affiches sur les panneaux électoraux et autres supports de campagne.


Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond des dépenses ?

Le compte de campagne peut être rejeté et le candidat doit reverser le dépassement constaté au Trésor public.


Le mandataire financier


Est-il obligatoire de désigner un mandataire ?

Oui, chaque candidat dans une commune de plus de 9 000 habitants doit désigner une personne physique ou une association de financement. Sans mandataire, la candidature est irrecevable : c’est une obligation.


Quelles sont les incompatibilités du mandataire ?

Le mandataire ne peut pas être le candidat, son remplaçant, un colistier ou l’expert-comptable qui certifie le compte.


Quelles sont ses missions principales ?

  • Ouvrir et gérer un compte bancaire unique.

  • Encaisser les recettes.

  • Régler les dépenses de campagne.


L’expert-comptable


Le recours à un expert-comptable est-il obligatoire ?

Oui, le compte doit être visé par un expert-comptable avant son dépôt.


Quelle est sa mission ?

Vérifier la cohérence du compte, la présence des justificatifs et la conformité aux règles légales, par exemple l’application des plafonds ou l’utilisation correcte des emplacements réservés d’affichage (panneaux officiels).


Recettes de campagne


Quelles sont les recettes autorisées ?

  • Apports personnels du candidat.

  • Dons de personnes physiques (plafonnés).

  • Contributions des partis politiques.


Qu’est-ce qui est interdit ?

  • Dons de personnes morales (sauf partis).

  • Dons en espèces au-delà d’un seuil limité.

  • Apports provenant d’intérêts étrangers.


Remboursement par l’État


Dans quelles conditions un candidat peut-il être remboursé ?

  • Avoir obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

  • Avoir respecté le plafond de dépenses.

  • Avoir un compte de campagne validé par la CNCCFP.

Le remboursement inclut les frais liés aux panneaux et affiches électorales, dans la limite des règles fixées par la loi.


Responsabilités et sanctions


Qui est responsable en cas d’irrégularités ?

Le candidat est responsable en premier lieu, mais le mandataire et les tiers peuvent aussi être sanctionnés.


Quelles sanctions existent ?

  • Rejet du compte.

  • Perte du remboursement public.

  • Amendes et, dans certains cas, peines d’inéligibilité.


Cas particuliers


Comment sont financées les élections partielles ?

La période de financement débute à la date de l’événement qui rend l’élection nécessaire.


L’affichage sur les permanences électorales est-il autorisé ?

Les emplacements officiels réservés aux panneaux d’affichage demeurent le seul cadre légal pour les affiches de campagne, sauf demande spécifique validée par la préfecture. 


L’apposition d’une vitrophanie sur la vitrine d’une permanence électorale est autorisée au regard de l’article L.51, dès lors qu’elle se limite à signaler l’usage électoral du local, sans constituer un affichage de propagande excessif. Éléments visuels autorisés : photographie du candidat, logo du parti soutenant la campagne, slogan.

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